Iqbal. Un enfant contre l’esclavage

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Iqbal a treize ans et, comme tant d’autres enfants au Pakistan, il part tous les matins travailler dans une usine de tapis. Epuisé et soumis à de mauvais traitements, il n’a qu’une idée en tête : fuir cet esclavage pour mieux le dénoncer. Les enfants doivent cesser d’être exploités. Iqbal réussira-t-il ce combat pour la liberté ?

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Quel livre touchant… et nécessaire ! On ne peut que s’incliner devant le courage, la force et l’intelligence d’un si jeune garçon. C’est une histoire qui devrait être connue de tous.

Ce livre est très intéressant car il montre bien ce que peut être la vie d’un enfant esclave : l’auteur décrit le quotidien très rude, essentiellement rythmé par le travail répétitif et épuisant auquel doivent se soumettre les enfants. Cette histoire met vraiment en lumière les brimades qu’inflige le patron de l’usine de tapis et toutes les conséquences psychologiques et physiques. C’est juste affreux…

Ce roman est noir, douloureux mais on entrevoit la lumière à travers deux personnages essentiels, l’un fictif (Fatima) et l’autre bien réel (Iqbal Masih). Fatima est la narratrice de l’histoire et malgré la cruauté du quotidien qu’elle décrit, elle y apporte sa touche de douceur. Elle comprend très vite qu’Iqbal n’est pas un enfant comme les autres. Elle capte toute sa force et son audace… On entrevoit alors l’espoir entre les lignes. Iqbal est un garçon qui a réellement existé. Quel destin ! A mes yeux, c’est un héros. Peu aurait eu son courage… J’ai aussi beaucoup aimé cette solidarité naissante entre les enfants, comme un peu de lumière dans une vie si sombre.

J’ai regretté que le livre soit aussi court, à peine 177 pages. Peut-être aurait-il fallu plus de détails, plus de densité… Et puis j’ai réfléchi et je me suis dit que c’était probablement la volonté de l’auteur : faire de cette histoire quelque chose de très accessible, de lisible pour tous. C’est en effet le cas. Non seulement le livre est court mais en outre il est écrit de façon très abordable, très claire, sans aucune difficulté de langage. L’auteur le dit ouvertement dans sa postface : que le destin d’Iqbal Masih soit porté à la connaissance de tous et destiné « à faire revivre la mémoire ». A noter que la postface est très enrichissante : l’auteur donne une foule de détails sur le travail des enfants dans le monde.

C’est vraiment une lecture indispensable ! Je le conseille à partir de 11 ans.

⇒Pour bien comprendre l’histoire vraie de Iqbal Masih, voici sa biographie https://fr.vikidia.org/wiki/Iqbal_Masih

⇒Un film d’animation est sorti en août 2016 en partenariat avec l’Unicef.

Merci infiniment à

hachettedefLecture Academy

–> Quelques extraits :

« C’était une matinée particulière. Lorsque les clients étrangers arrivaient, Hussein ne pouvait pas nous malmener devant eux et il devait faire croire que nous étions heureux et contents. »

« Presque un an avait passé depuis l’arrivée d’Iqbal, et, en effet, quelque chose avait changé entre nous : avant, nous n’étions qu’un groupe d’enfants qui partageaient le même sort, où chacun essayait de survivre comme il le pouvait ; à présent nous étions solidaires, unis, amis et même plus encore. »

 –> En savoir plus sur l’auteur, Francesco D’Adamo :

Francesco d'Adamo auteur

Francesco d’Adamo

« Francesco d’Adamo est milanais. Il a publié plusieurs romans pour la jeunesse qui ont été finalistes dans divers prix. La collection où est publié l’ouvrage L’Histoire d’Iqbal a reçu le prix Andersen en 1994. » source : babelio.com

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Love letters to the dead

 

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Laurel a perdu May, sa soeur. Cette dernière est morte brutalement et le monde autour de Laurel s’est écroulé : sa mère est partie vivre loin. Laurel vit avec son père et sa tante. May était tout pour Laurel : plus qu’une sœur, c’était son modèle, son mentor… C’est alors que la professeure d’anglais de Laurel demande à ses élèves de rédiger une lettre adressée à un disparu. Ce n’est pas une unique lettre que Laurel va écrire mais des dizaines qu’elle adresse à des disparus célèbres. Ce simple devoir d’anglais va se transformer en un journal intime particulièrement fourni et dans lequel se cache le secret de la mort de sa sœur May.

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C’est un livre qui  remue le cœur – et les tripes-. J’ai trouvé cette lecture très émouvante, vraiment touchante.

En premier lieu, j’ai particulièrement aimé toute cette galerie de portraits, ces célébrités auxquelles Laurel s’adresse par l’intermédiaire de ses lettres. C’est un format à la fois original et fort instructif. L’auteur révèle quelques anecdotes intéressantes sur toutes ces célébrités : on sent toute sa sensibilité musicale et cinématographique à travers ce roman. Je note un faible pour Kurt Cobain, Jim Morrison, Janis Joplin et Judy Garland 😉

Ce que je retiens surtout de ce roman, c’est le personnage de Laurel. Au départ, c’est une jeune fille peu sûre d’elle, isolée et enfermée dans l’ombre de sa sœur décédée. Elle est bien incapable de s’affirmer car elle se perd dans l’image de May qu’elle idolâtre et à laquelle elle aimerait tant ressembler. L’auteur ici en lumière tout le mal-être bien palpable de Laurel son incapacité à être elle-même, à s’accepter telle qu’elle est.

Et pourtant, c’est une jeune fille pleine de ressources, intelligente et d’une sensibilité à fleur de peau. J’ai vraiment aimé voir l’évolution de Laurel, ce passage de l’ombre à la lumière, portée par l’amour paternel et des amitiés solides et sincères. L’évolution psychologique de Laurel est remarquable, l’auteure lui donne vraiment une belle étoffe.

Cette histoire met bien le doigt sur le rôle salvateur de l’écriture : écrire pour coucher ses maux, écrire pour se sauver soi-même, écrire pour survivre, pour vivre tout simplement. Écrire toutes ces lettres est une vraie thérapie pour Laurel. Cela lui a permis de se distancier par rapport aux évènements et surtout de trouver son chemin, sa propre personnalité, de s’affirmer en tant que Laurel et de ne plus se perdre dans le fantôme de sa sœur.

C’est une belle histoire teintée de tristesse certes mais aux multiples thèmes forts et qui résonneront forcément dans le cœur des lecteurs : la famille éclatée, la culpabilité, l’amour fraternel, le sentiment d’abandon, l’absence maternelle, l’homosexualité féminine…

Bref, ce roman est une belle ode à la vie, à l’amour naissant, à l’amitié sincère malgré le deuil et toute la difficulté que l’on éprouve à devenir soi, à s’affirmer quand on se trouve à la frontière entre l’adolescence et l’âge adulte. Un vrai coup de cœur ! Je le conseille à partir de 15 ans.

–> Quelques extraits :

« Ce jeune homme et cette jeune file à l’ombre des arbres resteront à jamais figés dans l’image d’un instant : jamais leurs lèvres ne se toucheront, mais jamais ils ne se sépareront non plus. Ils resteront riches de leurs possibilités, épargnés par les chagrins qui auraient pu les atteindre. »

« Mais, en fait, personne d’autre que toi ne peut te sauver. Te sauver toi-même, a-t-il dit. Tu t’endors au pied de la montagne et le loup arrive. Et tu espères que quelqu’un va te réveiller. Ou le chasser. Ou le tuer. Mais quand tu te rends compte que le loup est à l’intérieur de toi, là tu comprends. Que tu ne peux pas lui échapper. Et personne parmi ceux qui t’aiment ne peut tuer le loup, car il fait partie de toi. »

—> En savoir plus sur l’auteure, Ava Dellaira :

Ici son site en anglais http://avadellaira.com/about-ava

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