Eux sur la photo

Titre : Eux sur la photo
Auteur : Hélène Gestern
Thèmes : Secret de famille / Amour / Mémoire / Correspondance
Catégorie : Livre pour Ados et Adultes – Roman épistolaire
Date de parution : 2011

Résumé : Hélène Hivert, quadragénaire archiviste dans un musée a pris à cœur de percer les mystères entourant sa famille. Sa mère est morte alors qu’elle n’était qu’une petite fille de 3ans. Hélène ne sait rien de cette maman trop tôt disparue et pourtant elle sent peser le poids d’un lourd secret familial.
Connaître la vérité devient un besoin, une obsession. C’est une photo datant de l’été 1971 qui va la mettre en relation avec Stéphane Crusten, sémillant biologiste voyageur. Lui aussi est en quête de vérités familiales. Tous deux vont remonter le temps, exhumer un passé douloureux imprimé sur pellicule et faire éclater la vérité. Une longue correspondance débute entre Hélène et Stéphane sur fond de photographies familiales.
 
Mon avis : pénétrer dans un secret familial, c’est passionnant et violent. Même si j’ai deviné par petites touches ce qui semble lier Hélène et Stéphane et si l’auteur mène son récit de façon crescendo, les révélations finales de Jean (meilleur ami de la maman d’Hélène) sont comme un feu d’artifice : toute la vérité éclate, tout est enfin dit et c’est un flot ininterrompu d’émotions. Je me dis que cette époque d’avant 1968 a été cruelle à bien des égards envers les jeunes femmes : « on ne demandait pas la pilule dans les années 70 avec la même facilité qu’on l’obtient aujourd’hui « .
J’ai trouvé très intéressante l’idée du support-vecteur de mémoire qu’est la photographie : les postures, les regards, les gestes observés sur toutes ses photos trahissent bien des vérités…la photo fixe la réalité d’un instant qu’Hélène sait interpréter mieux que personne. Ce livre soulève aussi de multiples questions : doit-on tout dire ? Faut-il cacher les vérités pour préserver ceux qu’on aime ? Si l’on choisit de tout dire : quand, comment faut-il le faire ? 
Enfin, l’idée de mêler des supports de correspondance différents : la lettre papier, le courriel et le SMS me semble un bon parti pris (même si l’auteur laisse la part belle à la lettre papier).
C’est un livre que je relirai certainement tant il est dense : je n’ai pas encore tout digéré ; la dernière lettre d’Hélène résonne encore en moi et l’ultime description photographique et ses derniers mots me touchent particulièrement.

Petit extrait : « Les lumières, subjuguées par son geste ultime, esclaves du sortilège mécanique, convergeront sur le visage d’une seule, pour écrire dans l’image une vérité d’ordinaire vouée à lui échapper : une fois né, l’amour, quelle que soit la destinée qu’on lui réserve, est irrévocable ».

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