Elle s’appelait Sarah

Elle s'appelait Sarah Rosnay
 

Résumé : Julia Jarmond, américaine d’origine vit à Paris avec Bertrand son mari et sa fille Zoé. Déjà plus de vingt-cinq ans qu’elle est installée dans la capitale et six ans qu’elle travaille comme journaliste. Le sujet qu’elle couvre va bouleverser sa vie : elle rassemble toutes les informations possibles sur le rafle du Vel d’Hiv survenue le 16 juillet 1942 afin d’écrire un article sur le soixantième anniversaire de la rafle. Elle ne savait rien de cet évènement dramatique jusqu’alors. Ses découvertes historiques vont l’amener à lever le voile sur un secret familial douloureux, un secret concernant sa belle-famille.

 

Mon avis : quel livre bouleversant !

Il soulève une part sombre de notre histoire, passée sous silence et souvent méconnue. C’est le premier intérêt que je trouve à ce livre : témoigner et rappeler le rôle barbare de la police française dans la rafle du Vel d’Hiv. C’est à travers les yeux de Sarah, cette petite fille juive de dix ans que l’on devine l’horreur, l’atrocité de ces jours passés au Vel d’Hiv. Le récit est fort, émouvant, sans être compliqué : « Les enfants couraient dans les allées, débraillés, sales […]. Une femme enceinte presque évanouie à cause de la chaleur et de la soif […]. Un vieil homme s’écroule d’un coup […]. Personne ne réagit ».

Le deuxième intérêt : l’auteur met en parallèle l’histoire contemporaine de Julia Jarmond qui enquête sur le Vel d’Hiv et l’histoire passée de Sarah, témoin et victime du Vel d’Hiv. Ces deux histoires alternent tour à tour, l’une écrite en italique, l’autre en caractère « normal ». Ça ne m’a pas gêné, bien au contraire, ma curiosité a été piquée au vif. Mon envie de tourner les pages et de connaître le destin de Sarah se faisait de plus en plus pressante : parvient-elle à s’échapper du Vel d’Hiv ? A-t-elle sauvé son petit frère Michel, caché et enfermé dans un placard pour échapper à la police française ?

Enfin, je trouve que Tatiana de Rosnay met à nouveau en lumière des femmes combatives, fortes dont les évolutions psychologiques sont intéressantes. Julia est une femme moderne qui assume ses choix, les affronte aux prix de sacrifices certains.

Petits bémols quand même : j’ai trouvé quelques passages un peu longuets sur la fin, des passages où il n’est question que de Julia et de ses états d’âmes. Était-ce bien nécessaire ?

Malgré tout, ce livre a le mérite de se pencher sur un moment d’Histoire particulièrement difficile, incompréhensible et très douloureux. Il interroge ma mémoire, ma conscience et grave en moi ce 16 juillet 1942. Une lecture nécessaire. « Le 16 juillet ne pouvait être oublié, et ce matin, comme tous les autres, les paupières s’ouvriraient, avec leurs poids de souffrance. J’aurais voulu lui dire, leur dire à tous ceux-là […] j’aurais voulu crier que je savais, que je me souvenais et que je n’oublierais jamais ».

 

Titre : Elle s’appelait Sarah
Auteur : Tatiana de Rosnay
Editeur : Editions Héloïse d’Ormesson / 2007
356 pages
Thèmes : Holocauste / Vel d’Hiv / Juif / Secret de Famille / Seconde guerre Mondiale
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3 p'tits mots sur “Elle s’appelait Sarah

  1. J’ai vu ce livre dans une liste de challenges sur Livvradict et, après avoir lu ton article, l’envie de le lire m’a gagnée, merci 🙂

  2. Aude on 5 mars 2013 at a dit

    Super contente que ma petite chronique te donne envie 🙂 De mon côté, je vais tenter ton coup de coeur ciné « Django » et te dire aussi bravo pour ton site : plein de belles choses dedans ! A bientôt !

  3. Un livre qui semble intéressant mais delà à le lire tout de suite, je ne le pense pas. Je n’ai pas l’esprit à me plonger dans une telle histoire. Toutefois, je le mets de côté, dans un coin de ma tête. Héhé !

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