Le scaphandre et le papillon

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Résumé :  Jean-Dominique Bauby est un dynamique quadragénaire, entièrement dévoué à son travail de rédacteur en chef du célèbre magazine Elle. Un jour de décembre, il est foudroyé par un accident vasculaire cérébral qui le plonge dans un coma profond. Il réussit à en sortir mais il ne sera plus jamais le même. Il souffre maintenant du « locked-in syndrome » : ses fonctions motrices ne répondent plus. Mais toutes ses facultés intellectuelles sont intactes. Son seul lien avec l’extérieur est son oeil gauche : un clignement pour dire oui, deux pour dire non. Enfermé dans ce qu’il appelle son scaphandre, il laisse son esprit vagabonder et nous livrer ses émotions.

 

Mon avis : c’est un livre qui touche véritablement au coeur.

L’auteur livre des morceaux de son quotidien hospitalier sans jamais s’apitoyer sur lui-même et verser dans un récit larmoyant. Contre toute attente, je découvre un homme d’une verve incroyable et qui pose sur lui-même et le monde un regard plein d’humour.

« Ayant refusé d’adopter l’infâme style jogging recommandé par la maison […] la preuve que je veux être encore moi-même. Quitte à baver, autant le faire dans du cachemire ».

« Non seulement j’étais exilé, paralysé, à demi-sourd […] réduit à une existence de méduse mais en plus j’étais affreux à voir. J’ai été pris d’un fou rire nerveux… ».

Ce qui est aussi frappant, c’est la capacité de Jean-Dominique Bauby à utiliser la puissance de son imagination. Celle-ci offre au lecteur de magnifiques moments d’évasion et de poésie et donne à cette histoire de  la légèreté. Une légèreté indispensable pour supporter le poids de cet effroyable scaphandre.

« En me faisant conduire à Cinecitta, une région essentielle dans ma géographie imaginaire de l’hôpital. Cinecitta, ce sont les terrasses toujours désertes du pavillon Sorrel ».

 « Pour le plaisir, j’ai recours à la mémoire vive des goûts et des odeurs […] Si je fais la cuisine, c’est toujours réussi. Le Bourguignon est onctueux… ».

« Loin de ces raffuts, dans le silence reconquis, je peux écouter les papillons qui volent à travers ma tête ».

Enfin, ce récit me renvoie tout à coup à la fragilité de la vie et à ce fil ténu qui nous lie à l’existence. A tout moment, tout peut s’arrêter, la vie peut être vache et injuste. Je trouve ce passage particulièrement émouvant : « Théophile, mon fils,  est là sagement assis, son visage à 50 cm de mon visage, et moi, son père, je n’ai pas le simple droit de passer la main dans ses cheveux drus […] d’étreindre à l’en étouffer son petit corps lisse et tiède ».

Un livre dont les courts chapitres sont simples et puissants.

Une vraie leçon de vie et de courage !

L’écriture de ce livre a été possible grâce à un système de sélection des lettres de l’alphabet : un clin d’oeil indique la lettre à employer. Et tout le travail de patience pour reconstituer les mots puis les phrases a été confié à Claude Mendibil.

 

Titre : Le scaphandre et le papillon
Auteur : Jean-Dominique Bauby
Éditeur : Robert Laffont
139  pages
Thèmes : handicap / amour / famille
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