Le garçon en pyjama rayé

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Bruno est un petit berlinois de neuf ans qui grandit dans une belle maison aux côtés de ses parents et de sa grande sœur Gretel. Bruno ne comprend pas très bien le métier qu’exerce son père mais il devine que c’est un homme important et qu’il ne faut le déranger « en aucune circonstance et sous aucun prétexte ». Le travail de son père oblige la famille de Bruno à déménager et à habiter un endroit qu’il déteste : Hoche Vite. Bruno ne s’y fait pas du tout : la maison est petite, il n’a plus d’amis avec qui jouer, l’endroit est triste à mourir et le lieutenant Kotler est détestable. Mais un jour, alors qu’il regarde par la fenêtre de sa chambre il aperçoit une barrière et des hommes en tenues rayées avec un calot sur la tête. Pourquoi sont-ils là ? Que font-ils ? Ces questions, il va les poser à Shmuel, le garçon en pyjama rayé qui habite de l’autre côté de la barrière. Il est polonais, Bruno est allemand. Début des années 40 : les voilà réunis un après-midi à côté d’une barrière de barbelés à Auschwitz…

 

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Ce livre, c’est comme une sacrée claque qui oblige à s’asseoir et se poser pour repenser à tout le fil de l’histoire qui vient de se dérouler.

L’auteur dénonce l’un des actes criminels les plus atroces de l’Histoire mondiale… à travers les yeux d’un enfant de neuf ans à qui personne n’a rien expliqué du tout.

Et toute la puissance du récit est là : d’un côté, l’innocence d’un garçonnet allemand qui ne sait rien et qui pose son regard d’enfant protégé et bien élevé sur son quotidien. De l’autre côté, un petit polonais exactement du même âge qui subit la folie des hommes sans trop le savoir. Ces deux-là n’auraient jamais dû se rencontrer, se parler, s’apprécier et s’aimer. Et pourtant, c’est une sincère amitié qui lie Shmuel et Bruno et fait voler en éclats cette barrière qui les sépare. Les paroles de ces deux êtres innocents et ignorants paraissent totalement surréalistes par rapport à la gravité de la situation :

→ quand Shmuel explique le brassard avec la croix qu’il porte, Bruno lui répond : «  Tout de même, j’aurais aimé en avoir un. Cela dit, je ne sais pas lequel je préfère, le tien ou celui de Père.

→ quand Bruno se plaint parce qu’il n’a personne avec qui jouer :

  – Il y a beaucoup de garçons de ton côté ? demanda Bruno

  – Des centaines, répondit Shmuel.

Bruno écarquilla les yeux.

  – Des centaines ? répéta-t-il, stupéfait. C’est affreusement injuste. De mon côté de la barrière, il n’y a personne avec qui jouer. Personne.

→ quand Bruno s’étonne de la tenue de Shmuel :

Tu as forcément une tenue différente dans ton armoire [dit-il à Shmuel].

– En plus, je n’aime pas les rayures, ajouta Bruno, bien que ce ne fût pas vrai. En réalité, il les aimait beaucoup et en avait plus qu’assez de porter des pantalons, des chemises, des cravates… alors que Shmuel et ses amis avaient le droit de rester en pyjama toute la journée « .

L’écriture est simple, claire et traduit bien la candeur de Bruno. C’est un choix vraiment intelligent que d’avoir choisi la voix d’un enfant pour raconter cette histoire. Cela donne au récit une puissance incomparable ! Et du coup, la noirceur et la laideur des criminels allemands ressortent d’autant plus !

Et que dire de la chute du récit ? Elle se devine au moment même où Bruno franchit la barrière mais chuuut, je ne veux pas tout vous dire… Ça m’a juste arraché quelques larmes, voilà.

Cet ouvrage a été couronné par de nombreux prix et un film est sorti en DVD en 2011.

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5 p'tits mots sur “Le garçon en pyjama rayé

  1. Blog très agréable découvert avec les Battle. J’avais déjà été interpellé par une chronique sur ce roman. Tu me confirmes que cette lecture peut être intéressante. Je note dans ma liste.

  2. Wahooo, je le note dans un coin celui-ci, rien que de te lire j’ai des frissons …..
    Merci pour cette ref que je ne connaissais pas, bises !

  3. Aude on 24 juin 2013 at a dit

    Merci Jostein ! J’ai découvert aussi le tien grâce à cette battle et cela fait partie de mes belles découvertes !! Et je vous confirme les filles que cette lecture est poignante, vraiment ! BIsous 🙂

  4. claire on 25 juin 2013 at a dit

    J’ai eu du mal à accrocher, et ensuite j’ai été très mal à l’aise dans la deuxième partie… sans doute est-ce voulu ?

  5. Aude on 25 juin 2013 at a dit

    Je peux comprendre ton sentiment. Mais pour ma part, dès qu’il s’agit d’enfants, cela me touche profondément. Ce que j’ai trouvé fort dans ce livre c’est justement la « voix » naïve de l’enfant face à la folie humaine. Ça peut être dérangeant mais c’est tellement vrai…

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