Interview de B.F. Parry : Oniria, tome 1

B.F. Parry répond à mes questions

B.F. Parry

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Grâce aux éditions Hachette, j’ai découvert Oniria, tome 1 : Le Royaume des Rêves de B.F. Parry.

ONIRIAdef

J’ai voulu en savoir plus sur l’auteure et « l’envers du décor ». C’est avec une grande gentillesse que B.F. Parry s’est prêtée au jeu des questions. Quelle lectrice était-elle petite ? Comment a-t-elle imaginé Oniria, ce monde des rêves si riche en personnages ? Quels conseils donnerait-elle aux écrivains en herbe ? Et bien d’autres questions encore…  Je vous laisse découvrir ses réponses !

1/ Je crois savoir que vous avez attrapé le virus de l’écriture depuis toute petite… Vous pouvez nous en dire plus ?

Quand j’étais en classe de CM1, une écrivain jeunesse est intervenue dans ma classe. Elle s’appelait Thérèse Roche et venait nous parler de son livre « Les extra-chats » que nous avions étudié. J’étais tellement motivée que j’ai supplié ma mère de me teindre les cheveux en roux comme les héros de l’histoire pour le jour J… Ce qu’elle a fait à l’aide d’une teinture de carnaval, avec plus ou moins de bonheur !
En sortant de la rencontre j’ai décidé que ce métier était fait pour moi, et que moi aussi j’écrirai des livres jeunesse. J’ai d’ailleurs entamé sur le champ un premier roman, en faisant tout à l’envers… Finalement ce n’est que 20 ans plus tard que je me suis réellement lancée dans l’écriture, avec Oniria. Faire ce métier aujourd’hui, c’est un rêve de petite fille qui se réalise.

2/ Quel(s) livre(s) vous ont particulièrement marquée plus jeune ?

J’étais une fan absolue de Roald Dahl dont j’adorais l’imagination et la fantaisie. Mais je lisais aussi des choses plus sombres : les livres d’Andrée Chedid par exemple. Je crois que je les avais presque tous lu. J’aimais aussi les histoires qui commencent mal mais se terminent bien, comme celles écrites par Charles Dickens. Au collège j’ai découvert Molière et le théâtre : une grande révélation ! Et puis je dévorais Tintin, Astérix et Obelix et beaucoup d’autres… Tout cela m’a marquée.

* A propos d’Oniria *

3/ C’est un livre qui déborde d’imagination : Mages, Créateurs, créatures fantastiques à foison… Mais où êtes-vous allez chercher tout ça ?

Un peu partout, je suppose. Dans mes lectures, mes rencontres, mes découvertes, le plus souvent par association d’idées. Mais il ne faut pas croire que les idées arrivent en claquant des doigts. Il faut aller les chercher comme on part à la chasse.
Pour Oniria, tout est parti de l’idée simple d’un univers parallèle au nôtre où vivraient nos rêves et nos cauchemars. Cette idée-là est en quelque sorte « tombée du ciel » : je l’ai eue en me réveillant un matin après un rêve particulièrement mouvementé. Mais ensuite il m’a fallu près de 6 mois pour construire un univers cohérent. J’ai commencé par me renseigner, lire de la philo, de la socio, du Freud, du Jung, du Mircea Eliade, et même des articles de médecine… Je voulais que mon univers soit cohérent avec ce que l’on sait des rêves aujourd’hui. Une idée en appelait une autre, et de fil en aiguille j’ai bâti le fonctionnement d’Oniria et ses interactions avec notre monde.

4/ Eliott, le héros est un garçon attachant. Est-ce difficile de se mettre dans la peau d’un adolescent quand on est une auteure ?

Très difficile. C’est d’ailleurs l’un des points que mes éditeurs m’ont demandé de retravailler après avoir reçu mon manuscrit. Dans la première version, Eliott avait déjà 12 ans, mais il se comportait comme un enfant plus jeune. J’ai dû me plonger dans des articles de sociologie, me promener sur des forums de parents exaspérés par leurs ados… J’ai observé aussi : j’avais dans mon entourage quelques ados dans la bonne tranche d’âge qui m’ont servi de modèle.

5/ J’ai trouvé l’histoire particulièrement bien ficelée. Avez-vous bâti le « scénario » à l’avance ou les idées sont-elles venues au fur et à mesure ?

Un peu des deux. J’ai un canevas général qui existe, et je sais où je veux aller à la fin de l’histoire. C’est indispensable je crois pour ce style de roman qui nécessite une gestion assez fine de l’information que l’on donne au lecteur. Mais je ne connais pas tous les détails.
Lorsque je commence à travailler sur un tome, je me fabrique un jeu de cartes : sur chacune j’écris l’une des idées qui me sont passées par la tête. Cela peut être quelque chose de très important ou de totalement anecdotique. Puis je trie les cartes : un tas pour celles qui iront dans ce tome-ci, un tas pour celles qui iront dans les tomes suivant, et un tas pour celles qui n’iront finalement nulle part. J’utilise ensuite les cartes sélectionnées pour construire une structure du tome. Ce qui est important pour moi à ce stade, ce sont les éléments moteurs de l’action : qu’est-ce qui pousse tel personnage à aller d’un point A à un point B et quelles en sont sont les conséquences. Quand je suis satisfaite de la façon dont les événements s’enchaînent, j’écris une trame : pour chaque chapitre, je détermine les personnages en présence, le lieu et les grandes lignes de l’action, avec plus ou moins de détails. Alors seulement, je passe à l’écriture… et là je change tout ! Non, bien sûr je ne change pas tout, mais il m’arrive de diverger assez fortement de la trame au moment de l’écriture, d’ajouter des chapitres, de partir dans une direction nouvelle, d’ajouter un personnage… et ce n’est pas grave du tout. Si mes personnages m’entraînent ailleurs, ce sont eux qui ont raison, pas moi. C’est leur histoire après tout !

6/ J’ai vraiment hâte de lire le tome 2. Quand sortira-t-il ?

J’ai hâte moi aussi de le voir sortir ! C’est pour le mois d’avril, mais je ne connais pas encore le jour exact. Dès que j’aurai une date définitive je l’annoncerai sur la page Facebook d’Oniria.

* Votre travail d’écrivaine * :

7/ Êtes-vous plutôt inspirée le matin, le soir, la nuit ? Quels sont les lieux qui vous inspirent ?

J’ai deux petites filles de 4 ans et 1 an. Alors par la force des choses, je travaille aux horaires où elles sont gardées, c’est-à-dire plus ou moins aux horaires d’école. On est loin des clichés romantiques sur les écrivains qui se lèvent à 3h du matin pour écrire ! J’ai un bureau chez moi, et c’est généralement là que je travaille. J’ai besoin de calme pour me concentrer. Je suis une grande consommatrice de thé et de boules quies !

8/ Vous exercez un chouette métier ! Que diriez-vous aux jeunes – et aux moins jeunes – qui ont envie de se lancer dans l’aventure de l’écriture ?

Passe ton bac d’abord !
Plus sérieusement, je vous confirme que j’exerce un métier absolument magique : pouvoir donner vie à tout ce qu’on imagine, c’est tout simplement extraordinaire. Mais il y a beaucoup de gens qui écrivent, peu qui sont publiés et encore moins qui gagnent leur vie de cette activité. Alors mieux vaut assurer ses arrières.
Après, si l’on a une bonne idée et l’envie de se lancer, il faut le faire. Et la première étape, c’est de terminer son manuscrit. Ça a l’air bête, mais beaucoup ne vont pas jusqu’au bout, soit par manque de temps, soit par manque de confiance en eux. C’est trop dommage ! Alors il faut se retrousser les manches, travailler, travailler et encore travailler jusqu’à obtenir un manuscrit dont on est vraiment fier. Alors seulement on pourra l’envoyer aux éditeurs.

9/ D’autres projets d’écriture en cours ?

Je suis en train d’écrire le tome 3 d’Oniria. Ensuite il me restera à écrire le tome 4 pour boucler l’histoire d’Eliott.
Après, j’ai des idées pour écrire d’autres histoires dans le même univers. J’aimerais bien par exemple écrire un prequelle, pour raconter ce qui s’est passé 40 ans avant. J’ai aussi quelques idées en stock pour une suite. Mais tout cela ne verra le jour que si la première tétralogie fonctionne suffisamment bien pour donner à mes éditeurs l’envie de continuer sur cette lancée.

Merci infiniment à B.F. Parry d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !

Hâte de lire la suite des aventures d’Eliott !

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3 p'tits mots sur “Interview de B.F. Parry : Oniria, tome 1

  1. Wah génial certe interview ! Je n’ai jamais lu ses livres pourtant je les ai vu un peu partout sur le blogosphère. Je suis très contente de connaître un peu mieux cette auteur.

  2. C’est passionnant de découvrir le processus d’écriture ! Du coup je râle de l’avoir raté en SP. Je vais me l’acheter je pense 😉 Bises

  3. J’adore découvrir les « coulisses », ce qui se cache derrière une histoire… Quel travail ! C’est effectivement passionnant 🙂 Et cet Eliott est un personnage vraiment attachant ! Si tu peux te le procurer Lylou, fonce ! Merci les filles d’être passées par là. Bises

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