Douze ans, sept mois et onze jours

Douze ans sept mois et onze jours

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Jack Stephenson est un père autoritaire, exubérant, routinier ; une sorte de beauf macho qui ne jure que par sa voiture et le base-ball. Assis au volant de sa chevrolet Impala, il surveille  de très près son fils Walden qu’il vient chercher systématiquement à l’école. A la maison, toutes les ouvertures sont sécurisées et le système d’alarme actionné. Mais Walden ne sait pas très bien pourquoi… Ce qu’il sait en revanche, c’est que son père voudrait qu’il soit comme lui  : solide, doué en base-ball, courageux, un homme quoi ! Or Walden est nul en sport, nul au foot et au base-ball mais très bon en dessin. C’est un garçon de douze ans, sensible et marqué par l’absence d’une mère qui a fui le foyer familial. Mais Jack Stephenson veut faire de son fils un homme. Il décide de l’abandonner dans une cabane en plein milieu des immenses forêts du Maine. Avec pour seules ressources quelques boîtes de conserve, une carabine, une batte de base-ball, des livres et un peu de courage, Walden va devoir affronter seul cette immensité boisée…

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Un vrai diesel ce roman ! Après un début un poil laborieux, la situation s’inverse totalement et le thriller débute… C’est bluffant !

◊ Un roman initiatique mais pas que… ◊

L’auteur place la relation père-fils au centre du roman. Il explore ce thème délicat en opposant une figure paternelle névrosée, autoritaire face à un fils loyal et pas macho pour deux sous. Ces caractères totalement opposés montrent à quel point le rapport père-fils peut être compliqué surtout quand le père attend beaucoup de son enfant. J’ai été très touchée par la loyauté de Walden, l’amour qu’il porte à son père et cette candeur qui le pousse à vouloir faire plaisir à ce papa qui n’est pas très tendre avec lui.

Ce que je retiens de cette histoire c’est surtout l’évolution psychologique de Walden. Ce garçon est incroyable : il est réfléchi et son intelligence de la nature est surprenante. Toujours porté par un certain espoir et par sa naïveté, on a vraiment envie de l’aider, de lui porter secours et donc forcément on entre en empathie avec ce personnage. Sa volonté de devenir un homme est très palpable et c’est cette volonté qui l’aide à avancer et à grandir. Tout était déjà en lui et cette épreuve va lui permettre de révéler au grand jour toutes ses belles qualités humaines.

◊ Un sacré thriller ! ◊

Le début est franchement violent et sombre. Comment un père peut-il sciemment abandonner son fils dans une cabane perdue au milieu de nulle part ? Vais-je avoir droit à une leçon de survie du début à la fin ou bien à la lente descente aux enfers de ce jeune garçon ? Je me suis sérieusement posé la question… D’autant que les descriptions de cette nature hostile n’en finissent plus…

Et puis soudain, tout change… Ce point de rupture correspond à la rencontre totalement improbable avec Amy et « le manuel de survie » se transforme en un thriller palpitant ! L’auteur brouille les pistes avec brio : on ne sait plus à qui faire confiance, l’atmosphère se charge de tensions.  L’auteur fait un vrai clin d’œil au maître Stephen King quand il décrit cette voiture devenue folle : à ce moment là, mes mains se sont réellement crispées sur le livre ! Et que dire de la seconde partie du livre intitulée Jack. L’auteur raconte l’histoire du point de vue du père. Là, tout s’éclaire, la situation se renverse totalement bref on redécouvre l’histoire sous un jour nouveau, c’est juste génial !

J’ai vraiment eu le sentiment de vivre plusieurs histoires dans une histoire ! Je trouve ce roman très réussi ! A noter l’écriture fluide, précise et aux accents parfois poétiques de l’auteur (notamment lorsqu’il décrit les paysages du Maine). 

Un thriller que je recommande aux adolescents à partir de 13/14 ans et qui ont le cœur bien accroché. Les adultes apprécieront aussi sans nul doute !

Merci aux éditions

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→ Mes passages préférés :

« Il avançait comme à tâtons, entre flaques de lumière et puits de ténèbres. La forêt était mouvante, changeante, traîtresse. »

« Il aurait pu s’effondrer, se laisser couler et rejoindre en un instant les draveurs engloutis. Une force nouvelle s’éveilla en lui, qui lui permit d’agir avec sûreté. Il n’avait plus ici qu’un ami, qu’un compagnon, ce lourd morceau de bois qui flottait à demi sur le gué caillouteux. »

→ En savoir plus sur l’auteur : Lorris Murail

L'auteur Lorris Murail

Lorris Murail

« Lorris écrit depuis qu’il a seize ans.  Il est l’auteur d’une cinquantaine de romans, bandes dessinées, ouvrages divers, pour la jeunesse ou non. Marié, père de quatre filles, il lui arrive d’écrire avec ses sœurs. Il se définit comme un écrivain versatile parce qu’il a abordé à peu près tous les genres (science-fiction, fantastique, policier, réalisme, humour) mais c’est une plaisanterie.  Lorris Murail vit et travaille à Paris. Il est le frère de Marie-Aude Murail et de Moka. Sa femme, Nathalie Zimmerman est traductrice et écrit pour la jeunesse chez Nathan. Sa fille Naïma Murail-Zimmerman est publiée chez Nathan. Lorris Murail se déplace pour des salons et des animations en milieu scolaire » . [Source : http://www.grund.fr/auteurs/42478-lorris-murail.html].

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2 p'tits mots sur “Douze ans, sept mois et onze jours

  1. Whoah, tu parles divinement de ce roman ma Aude. Tu m’as donné envie de le lire dès les premières lignes de ta chronique, sans hésitation. C’est typiquement le genre d’histoire que j’apprécie, haletante et qui prend aux tripes… Je le note immédiatement dans ma liste mais nul doute qu’il va rejoindre très très vite ma PAL ! Merci pour cette découverte ma belle et à très vite. Plein de bisous.

  2. Ma Cabane à livres on 29 mars 2015 at a dit

    Allez hop ! Et un de plus 🙂 Quel bonheur de déclencher une envie de lire, c’est vraiment génial !!! Attends-toi à un début assez long, bien fourni en descriptions… mais ça vaut le coup de s’accrocher !! Merci d’être passée par là et je t’envoie plein de gros bisous aussi. ♥♥♥♥

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