Annie Jay : rencontre ♥

Annie Jay au CDI

 

Annie Jay est venue se perdre dans notre campagne audoise, au cœur du Minervois, entre vignes… et vignes, loin de la bruyante ville, je m’égare… Quel plaisir de recevoir une auteure aussi adorable ! Nul besoin de briser la glace car Annie est d’un naturel déconcertant et s’adresse aux élèves comme si elle les avaient toujours connus. Sources d’inspirations, vie d’écrivain, passions… Annie se livre sans détour pour notre plus grande joie !

Écrivain, une vocation ?

Absolument pas ! Pour la bonne et simple raison qu’elle souffre d’un handicap : elle est dyslexique dysorthographique et mélange toutes les lettres dans les mots. Avec ce type de problème, elle se dit qu’elle ne peut pas faire un métier où elle pourra manier les mots. Elle arrête très tôt les études et se tourne alors vers le métier de comptable.

Le déclic…

Sa nièce Faustine lui dit qu’elle raconte merveilleusement bien les histoires… et qu’elle devrait  écrire un livre mais elle ajoute « De toute façon, tu n’en n’es pas capable ! ». Cette remarque dure et franche sonne comme un pari. A 33 ans, elle se lance le défi d’écrire et s’aide d’un ordinateur – et du correcteur orthographique – pour commencer sa première histoire, « Complots à Versailles ».

Son seul métier ?

Même si son premier manuscrit a tout de suite été accepté chez Hachette, elle a du exercer le double métier d’écrivain-comptable pendant quelques années. Depuis huit ans maintenant, elle fait partie des 40 écrivains français de littérature de jeunesse qui vivent de leur plume. Même si ses livres se vendent plutôt bien, c’est un métier aléatoire : elle doit en vendre beaucoup pour bien gagner sa vie – elle touche 5% du montant du livre soit 0,27 cents pour un livre qui coûte 5,50 euros -.

Qu’est-ce qui lui plait dans ce métier ?

Elle éprouve beaucoup de plaisir à écrire. Ce n’est pas une nécessité d’écrire comme certains mais vraiment du grand plaisir ! Le jour où ça ne l’amusera plus, elle arrêtera d’écrire. Elle a encore beaucoup d’idées et des engagements. Les vrais avantages du métier : la liberté d’organisation chez elle, la rencontre avec ses lecteurs qui est un véritable plaisir. Elle aime ce contact avec les jeunes qui ont souvent la franchise de lui dire ce qui leur a plu ou bien ce qu’ils n’ont pas aimé dans ses romans. On lui propose également des rencontres avec des lecteurs dans des établissements français à l’étranger.

Techniques d’écriture…

Chaque écrivain à ses habitudes d’écriture. Des habitudes parfois étranges… Elle en connaît beaucoup qui n’écrivent que dans une certaine posture ou dans une pièce précise ou encore avec une couleur particulière de stylo … Annie, ce qu’elle aime c’est s’asseoir par terre, s’adosser à un canapé et poser son ordinateur sur la table basse. C’est ainsi qu’elle a délaissé un magnifique bureau pourtant installé dans un pièce spéciale de sa maison. Dans cette pièce, elle a finalement aménagé un petit coin salon avec canapé, tapis et table basse.

Annie est une vraie passionnée d’Histoire et de latin. Ce qu’elle adore, c’est lire. Elle lit en moyenne 4 à 5 heures par jour. Elle se documente énormément et adore découvrir, apprendre des choses… En cela, la bibliothèque de Toronto au Canada est la mieux fournie au monde en matière de lectures françaises. Elle consulte  la base numérisée à distance. Son excellente mémoire lui est très utile. Pour  écrire, elle se sert d’un ordinateur et utilise un logiciel à reconnaissance vocale. L’écriture est finalement un travail de réécriture et de relecture permanent. Elle peut retravailler ses textes pendant 4/5 mois avant de l’envoyer à son éditeur. Ce dernier va énormément annoter son manuscrit et le lui renvoyer afin qu’elle le corrige à nouveau…

Pour elle, le texte doit être comme une musique, avec des temps forts et des pauses… Ce qui l’intéresse vraiment, c’est de bien construire l’intrigue, de savoir délivrer les indices au bon moment, de ménager un certain suspense…

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Pourquoi existe-t-il deux versions des premières pages de « Complot à Versailles » ?

Ce roman est le premier qu’Annie Jay a écrit. Avec le recul, ce livre a été jugé trop compliqué : les personnages sont très nombreux, le vocabulaire, trop soutenu et les phrases sont très longues… Quelques années après sa parution, l’éditeur à proposé à Annie d’alléger une partie du texte, de couper certaines phrases, de supprimer des personnages secondaires… Voilà pourquoi il existe deux versions de ce livre !

Inspirations…

A 4 ans et demi, elle savait déjà lire ! Adolescente, elle lisait Alexandre Dumas, Théophile Gautier… mais c’est le premier qui l’a beaucoup inspirée. Elle a puisé dans ces livres d’aventures toutes les ficelles, les schémas qui permettent de créer des rebondissements.  A partir d’une anecdote, d’un fait réel elle tisse une histoire. Elle est très à l’écoute des scènes de la vie quotidienne… Elle capte des ambiances, des regards, elle écoute beaucoup les conversations dans les trains, les restaurants… Elle note des prénoms. Son inspiration est multiple.

S’est-elle essayée à d’autres genres ?

Oui.  A la poésie et au théâtre mais cela n’a jamais abouti. Elle n’est pas à l’aise dans ce genre d’histoires. De même qu’elle n’écrit que pour les enfants et les adolescents et pas pour les adultes. Elle préfère largement « transmettre l’Histoire » à des esprits neufs à travers ses livres, c’est beaucoup plus intéressant ! Et puis la littérature de jeunesse a une durée de vie plus longue qu’un livre pour les adultes.

Les livres dont elle est le plus fière ?

Il lui est difficile de répondre à cette question… C’est un peu comme si on  demandait à une maman lequel de ses enfants elle préfère. Elle les aime tous mais pour des raisons différentes. Par exemple, « Les Roses de Trianon » : elle s’est régalée à inventer des aventures où les héros se chamaillent… « Le comédien de Molière« , elle a pris énormément de plaisir à raconter la « façon dont se transmet le métier de comédien »… Le livre qui a eu le plus de succès est « A la poursuite d’Olympe ».

Et parfois le succès ne tient pas à grand-chose…

Annie est du genre franche et quand elle dit qu’elle n’aime pas, elle n’y va pas par quatre chemins. Que ce soit à propos de certaines couvertures ou illustrations, elle avoue tout haut que quelques unes sont franchement moches et pourtant, elle n’y peut rien… Ce n’est pas elle qui dessine et surtout qui décide de telle ou telle illustration. C’est l’éditeur qui choisit ou modifie à sa guise l’image de couverture et/ou  celles qui vont apparaître à l’intérieur. En tant que détenteur des droits du livre, il peut se permettre beaucoup de choses sans même consulter Annie !

Il est donc très frustrant de constater que les livres dont les couvertures sont franchement peu réussies ne se sont pas beaucoup vendus et celles dont les illustrations sont un peu meilleures – et dont la promo a été au top – se sont bien vendus !

Des projets ?

Oui, plein ! Le nouveau pari est d’écrire pour les 8-10 ans. C’est actuellement en cours… Le sujet est une princesse : la sœur de Louis XVI qui était une vraie peste, colérique, insolente…

Merci infiniment chère Annie d’être venue jusqu’à nous !

Les élèves ont passé une excellent moment en votre compagnie !

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