L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir

RosaMontero

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Rosa Montero a perdu son mari. La voilà veuve depuis quelques années. On lui propose d’écrire une préface pour le journal que Marie Curie a tenu après la mort de Pierre Curie. Pour Rosa, c’est un déclic. Ce n’est pas une préface qu’elle va écrire mais bel et bien un roman. Elle évoque alors les souvenirs personnels et la mémoire collective, entre l’analyse de notre époque et l’évocation intime. Elle nous parle du dépassement de la douleur, de la perte de l’homme aimé qu’elle vient elle-même de vivre, du deuil, de la reconstruction de soi, des relations entre les hommes et les femmes, de la science et de l’ignorance, de la force salvatrice de la littérature. Elle nous emmène surtout à la découverte d’une femme extraordinaire, une mutante : Marie Curie.

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J’ai adoré ce livre ! C’est son côté atypique et inclassable qui a fait mouche. La plume de l’auteure est superbe, sa sensibilité et son côté avant-gardiste m’ont vraiment séduite.

Depuis que je suis adolescente, j’admire Marie Curie. C’est une personne qui m’a toujours fascinée et que j’aurais adoré rencontrer ! J’avais dévoré la biographie écrite par Eve, l’une de ses filles. Ce roman apporte un autre éclairage sur la personnalité de Marie Curie et en cela, il est extrêmement intéressant. En effet, l’auteure dévoile en quelque sorte les « coulisses » d’une partie de sa vie et cite de nombreux extraits du journal intime qu’a tenu Marie après la mort brutale de Pierre. Découvrir « l’envers du décor » et être au plus près de l’intime m’a vraiment émue et ravie. J’ai découvert une Marie Curie dotée d’un feu intérieur incroyable ! Quel femme forte et fragile à la fois. Sous son aspect dur et peu engageant, Marie Curie éprouvait un amour d’une infinie tendresse pour son mari. Elle écrivait d’ailleurs très bien et avait un talent certain pour l’écriture ! J’ai vraiment aimé découvrir toutes ces anecdotes si précieuses !

L’auteure aborde des thématiques qui me sont chères comme la place de la femme dans la société, la notion de culpabilité, le devoir que l’on se fait parfois d’honorer ses parents… Que de vérités dans cet ouvrage ! Je partage totalement le point de vue de l’auteur notamment sur la place de la femme. Rosa Montero en parle tellement bien. Elle montre à quel point Marie Curie a été tenace et extrêmement courageuse (une mutante) pour se hisser à un tel niveau dans une époque où la place de la femme était si réduite voire inexistante dans bien des domaines ! Ce que j’ai adoré dans ce récit, c’est que l’auteure met en lumière des femmes qui ont été volontairement oubliées alors qu’elles ont joué un rôle majeur dans certaines découvertes scientifiques.

Enfin, ce récit aborde le thème du deuil et surtout comment le vivre. L’auteure met alors en parallèle son deuil et celui de Marie Curie. C’est vraiment émouvant. Le même amour transparaît chez l’une comme l’autre : un amour fidèle et vrai. Mais ce que je retiens de ce livre, c’est l’invitation de Rosa Montero à se sentir libre, vivante (à renaître), à éprouver une sensation de légèreté si précieuse c’est-à-dire une forme de sagesse : savoir reconnaître le bonheur dans de petits actes de la vie quotidienne comme une balade dans la nature, un parfum de fleur… Et surtout, savoir profiter de celui que l’on aime à chaque instant et ne pas attendre qu’il ne soit plus là pour se rendre compte à quel point cet amour était grand. C’est finalement une belle leçon de vie et d’optimisme !

Ce livre est un vrai coup de cœur ! C’est un texte étonnant, vibrant et très original que je ne suis pas prête d’oublier. Je ne peux que vous le conseiller !

—> Quelques extraits :

« C’est seulement lors des naissances et des morts que l’on sort du temps : la Terre stoppe sa rotation et les futilités pour lesquelles nous gaspillons nos journées tombent au sol comme des poussières colorées. » (p. 11)

« L’art est une blessure qui devient lumière, disait George Braque. Nous avons besoin de cette lumière, pas seulement nous qui écrivons ou peignons ou composons la musique, mais également nous qui lisons et contemplons des tableaux et écoutons un concert. Nous avons tous besoin de beauté pour que la vie soit supportable. » (p. 31)

« Les contextes révolutionnaires ont toujours été favorables au progrès des femmes. Les moments socialement aberrants ouvrent des fissures dans la trame conventionnelle, par où s’échappent les esprits les plus libres ». (p. 46)

–> En savoir plus sur l’auteure, Rosa Montero :

Rosa Montero

Un joli article qui parle de ce livre http://www.franceinter.fr/emission-lhumeur-vagabonde-lecrivaine-espagnole-rosa-montero

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