Patients

 

A tout juste vint ans, alors qu’il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d’une piscine et se décale les vertèbres. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Fabien raconte ici sa vie au centre de rééducation : un quotidien éprouvant, où il décrit sa perte d’autonomie et ce qu’il vit comme une totale perte de liberté. Mais les amitiés sont là et l’aident à vivre cette épreuve plus en douceur.

C’est un livre simple mais fort. Le message qu’il délivre ne peut que faire réfléchir à la fragilité de la vie et aux difficultés auxquelles sont confrontés les handicapés.

J’ai aimé la simplicité de ce roman qui, débarrassé de toutes fioritures se concentre sur l’essentiel : bien mesurer toute la réalité du quotidien des paraplégiques et des tétraplégiques. L’auteur partage son quotidien en dévoilant les coulisses de ses mois de vie en centre de rééducation. Et le lecteur prend tout à coup conscience de ce monde parallèle, rude, presque cruel, tout du moins très dur à vivre quand les personnes concernées ont connu une vie valide. Avec pudeur et humour, Grand Corps Malade décrit sa réalité et celles de ses camarades de galère : les soins quotidiens et les moments de rééducation, sont autant de parcours du combattant qui mettent à mal la fierté et qui demandent une forte dose de courage ! A tous, je leur tire mon chapeau. J’ai été particulièrement touchée par les moments d’infinie tristesse de certains handicapés qui vivent très mal leur état.

 Il y a quand même de la lumière dans cet univers un peu noir qui pourrait ressembler à une prison. Ce sont les amitiés sincères et durables, les copains de « guerre », ceux qui comprennent parce qu’ils vivent la même chose et partagent les mêmes douleurs. L’auteur décrit très bien ces relations presque vitales qui s’instaurent entre les uns et les autres. Des moments de respiration, où le rire est salvateur, où la petite échappée nocturne est une vraie bouffée d’oxygène.

Enfin, cette histoire c’est surtout celle d’une rémission, d’un appétit de vivre et d’avancer malgré les coups durs de la vie. Un bel hommage aux combattants du quotidien qui sont le fruit de drames si vite arrivés. 

Un livre que je vous conseille fortement, qui se lit rapidement et que je mettrai entre les mains de mes élèves de 3èmes dans le cadre de l’autobiographie (un thème qu’ils étudient en français).

–> Quelques extraits :

« Tout le monde s’habitue. C’est dans la nature humaine. On s’habitue à voir l’inhabituel, on s’habitue à voir des gens souffrir, on s’habitue nous-mêmes à la souffrance. On s’habitue à être des prisonniers de notre propre corps. On s’habitue, ça nous sauve. »

« Une fin d’après-midi, je rentre dans notre chambre après une séance de kiné, Eddy est à plat ventre sur un brancard à côté de son lit […] Il ne dort pas. Pour la première fois, je l’entends pleurer.»

–> En savoir plus sur l’auteur, Grand Corps Malade :

Une biographie dénichée sur le site officiel de Grand Corps Malade http://www.grandcorpsmalade.fr/4/

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